samedi 18 avril 2015

ARISTOTE : RHETORIQUE LIVRE 2 (résumé) troisième et dernière partie

Chapitre 21
Sur la sentence
La sentence énonce des généralités relatives à l'action et au parti qu'il faut prendre ou rejeter. Les conclusions des enthymèmes sont généralement des sentences. Elles sont de 4 espèces:
Avec épilogue [=raisonnement]
Celle qui exprime une pensée paradoxale ou controversée ;
Celle qui est une partie d'enthymème;
Celle qui n'est pas partie d'enthymème;
Sans épilogue
Celle dont la conséquence est nécessaire (évidente) = opinion commune.
L'usage des sentences convient aux vieillards en raison de leur âge et de leur expérience. Pour les autres elles sont inconvenantes et marquent la grossièreté ou la mauvaise éducation de celui qui en fait usage.
Les sentences d'ordre général sont souvent bien à-propos. Certains proverbes sont des sentences. Il faut les énoncer pour réfuter des dictons d'ordre public: ex « connais-toi toi-même ». Les intentions doivent clairement être énoncées ou il faut alléguer un motif. Le pouvoir des sentences est de jouer sur la vanité des auditeurs pensant que l'orateur rencontre une de leur opinion. Ainsi le choix des phrases se fait en fonction de l'orientation des pensées de l'auditeur comme de sa condition.
Chapitre 22
Des enthymèmes
L’enthymème est un syllogisme oratoire  qui évite les généralités et se fonde sur une sélection de faits déterminés (les plus nombreux possibles) paraissant évidents à l’auditoire et enfin qui conclut sur des conséquences non seulement nécessaires mais aussi les plus fréquentes.
Par conséquent l’enthymème exige une connaissance approfondie de la question débattue et dans chaque affaire un choix d’arguments portant sur les éventualités admissibles et sur les faits le plus en rapport avec la circonstance. Idem pour des incidents survenus à l’improviste.
Il y a deux sortes d’enthymèmes : le démonstratif concluant sur des faits reconnus (= lieux) et le réfutatif concluant sur des faits non reconnus.
Chapitre 23
Lieux d’enthymèmes
1.     Du contraire : une chose existant son contraire doit exister aussi. Exemple : tempérance/intempérance.
2.     Du semblable/dissemblable : cette même chose peut produire son semblable ou son contraire. Exemple, le juste n’engendre pas toujours le bien.
3.     Du corrélatif : cette même chose  peut engendrer son corrélatif. Exemple vendre/acheter.
4.     Du plus et moins : si cette même chose n’est pas dans les capacités des plus aptes alors moins encore dans celles des moins aptes. Exemple : si les dieux ne savent pas tout encore moins les hommes.
5.     Du ni plus, ni moins :   si cette même chose est dans les capacités des uns, elle l’est dans celles des autres. Exemple : Si Hector a pu tuer Patrocle, Alexandre a bien pu tuer Achille.
6.     Du temporel : si une chose devait être (eu été) conditionnée à un événement, une fois l’événement survenu elle ne doit plus être refusée.
7.     Des paroles prononcées contre soi (dialectique ?): sert à réfuter et à discréditer l’accusateur qui reproche aux autres ce qu’il ferait. Exemple 
§  Iphicrate : «  aurais-tu livré les vaisseaux pour de l’argent » ;
§  Aristophon : « non » ;
§  Iphicrate : « toi qui est Aristophon, lui dit-il tu ne les aurais pas livrés, et moi Iphicrate, je l’aurais fait ! ».
8.     De la définition: lieu (= argument tiré d'une définition) ;
9.     Du sens multiple des mots;
10.  De la division;
11.  De l'induction;
12.  D'un jugement identique ou contraire (= jurisprudence ???, doctrine ??? et avis d'autrui) ;
13.  De l'énumération des parties, exemple: envers quel dieu Socrate a-t-il été impie? + énumération;
14.  D'un autre lieu pour convaincre ou détourner de conséquences bonnes ou mauvaises, exemple: il ne faut pas parler en public car si tu avances des choses conformes à la justice, ( ... ) ce sont les hommes qui te haïront; si des choses injustes, ce sont les dieux». Ou contrairement « il faut parler en public car si c'est juste les dieux t'aimeront, si injuste les hommes t'aimeront ».
15.  De faits en corrélation, exemple: si l'on considère que les jeunes gens de grande taille sont des hommes alors on doit considérer que les hommes de petite taille sont des enfants;
16.  De la comparaison de faits dont la cause serait la même, exemple non cité par Aristote: l'oisiveté est mère de tous les vices.
17.  De décisions incohérentes, exemple: après avoir lutté pour conquérir une ville, il faudrait la quitter sans combattre;
18.  De l'invocation d'un mobile sans rien en savoir, exemple: Diomède accorda préférence à Ulysse non pour lui faire honneur mais pour avoir un compagnon inférieur à lui-même;
19.  De ce qu'un fait puisse motiver une action ou au contraire la dissuader (= le mobile d'une action ???);
20.  De faits qui sont incroyables mais vrais;
21.  De la discordance entres les faits et ou des paroles, exemple: « il dit qu'il est votre ami, mais il a prêté serment aux Trente» ;
22.  De la raison justifiant une calomnie;
23.  Du lien de cause à effet;
24.  De l'avantage ou du désavantage considérant que personne ne fait rien contre son intérêt;
25.  De considérations d'ensemble;
26.  D'énonciation d'erreurs commises;
27.  Du nom, exemple: « Penthée, qui porte dans son nom le triste sort qui l'attend» ;
Les enthymèmes pour réfuter son un condensé d'arguments contradictoires plus perceptibles par l'auditeur et de ce fait, ils sont plus appréciés que les enthymèmes démonstratifs. En outre quel que soit l'enthymème celui qui laisse immédiatement entendre sa conclusion a plus de poids.
Chapitre 24
Lieux des enthymèmes apparents.
1.     Lieux qui résident dans l'expression
§  Conclure au lieu d'argumenter, exemple: ce n'est donc que ceci car ce n'est pas cela;
§  Jouer sur l'homonymie, exemple: « la souris» est le plus auguste des sacrifices donc la souris (animal) est très importante;
2.     Lieu réunissant des choses distinctes ou distinguant des choses communes, exemple: si deux doses d'un produit sont mauvaises pour la santé alors une dose l'est aussi. = paralogisme. ;
3.     Lieu d'exagération de l'importance d'un fait sans même avoir prouvé son existence;
4.     Lieu basés sur des signes, exemple: Denys est un voleur car il est vicieux (mais le vice n'induit pas le vol obligatoirement).
5.     Lieu accidentel, inattendu, exemple: on vénère les souris car elles ont rongé les cordes des arcs ennemis;
6.     Lieu de la conséquence immédiate (ou la plus naturelle? ou spontanée ?) exemple: une belle mise pour sortir le soir est le fait de libertins;
7.     Lieu de la pseudo-cause, exemple non cité par Aristote: toutes les croyances irrationnelles;
8.     Lieu d'omission de la question et des conditions, exemple: Pâris enleva à bon droit Hélène car son père avait laissé à sa fille le choix d'un époux.
9.     Lieu de controverse non considéré absolument mais du point de vue des éventualités (oratoires ?), exemple: le non-être existe car il est non-être
10.  Lieu oratoire d'une certaine vraisemblance présenté comme d'une absolue vraisemblance, = cause la plus faible, exemple: un individu conteste l'accusation pour voies de fait en raison de sa [faible] vigueur.
Chapitre 25
Des solutions
C'est-à-dire du contre-syllogisme ou de l’objection.
Le contre-syllogisme emprunte les mêmes lieux que le syllogisme.
Les objections sont de 4 types:
a.     Du même, par exemple s'il existe de bons amours, il y en a de mauvais;
b.    Du semblable, exemple si le préjudicié a toujours du ressentiment, celui à qui l'on fait du bien n'a pas forcément de l'amitié
c.     Du contraire, exemple: si l'homme de bien sert ses amis, le méchant ne désert pas forcément les siens;
d.    Du jugement emprunté à des hommes célèbres.
Les enthymèmes tirés du vraisemblable, de l'exemple, de la preuve matérielle et du signe se résoudront par une objection.
La solution peut n'être qu'apparente si l'on objecte que la conséquence n'est pas nécessaire = paralogisme. Ainsi le défendeur à l'avantage sur l'accusateur dans la mesure où le juge doit juger des conséquences nécessaires. Néanmoins il doit également juger en conscience c'est-à-dire se prononcer sur les vraisemblances, dans ce cas il faut objecter sur ce qui arrive d'ordinaire par des considérations sur la répétition de nombreux faits. Idem pour objecter des exemples.
On résout aussi le signe et les enthymèmes énoncés par signe.
En ce qui concerne les preuves matérielles on ne peut les résoudre sans prouver que le fait énoncé n'existe pas. S'il est manifeste et accompagné de preuves matérielles alors il n'y a pas de solution contre l'évidence.

Chapitre 26
De l’exagération et de l’atténuation.
L’exagération et l’atténuation ne sont pas des lieux d’enthymèmes mais des enthymèmes montrant d’une chose l’importance ou la futilité, la bonté ou la malignité, la justice ou l’injustice etc.
Les contre-arguments sont de même nature que les arguments et l’objection montre l’absence de syllogisme ou allègue de faits inexacts.





dimanche 12 avril 2015

ARISTOTE : RHETORIQUE LIVRE 2 (résumé) - deuxième partie

Chapitre 16
Des mœurs des riches
Ils deviennent hautains et arrogants car la richesse est en quelque sorte la mesure de toute chose. Les riches sont délicats et fastueux, ils se croient dignes des charges [publiques ?]. Les nouveaux riches ont des défauts plus accentués que les anciens riches.
Chapitre 17
Des mœurs des puissants et des heureux
Les puissants sont plus jaloux de l'honneur et plus braves que les riches, plus actifs aussi. Ils sont plus dignes que graves. Les préjudices causés par eux sont de grande importance.
A l’instar de la puissance, le bonheur affiche les même mœurs, il rend plus orgueilleux et déraisonnable. Il comporte l'amour des dieux source de la fortune.
En comparaison en comprendra facilement les mœurs opposés des pauvres et malheureux.
Chapitre 18
Des traits communs à tous les genres de discours
Par la parole les discours démonstratifs, délibératifs ou judiciaires ont pour but la persuasion d'autrui dans son jugement.
Les lieux communs à chacun de ces exposés sont des arguments généraux reposant sur le possible ou l'impossible d'une chose qui s'est produite ou qui se produira. La question de leur importance est aussi un lieu commun. L'amplification est ce qui convient le mieux au discours démonstratif, le fait accompli au discours judiciaire et finalement le possible et le futur au délibératif.
Enfin il restera alors à parler des enthymèmes en général et des exemples.
Chapitre 19
Sur le possible et l'impossible
Si une chose à un contraire elle peut exister ou avoir existé comme l'inverse (exemple l'homme malade). Idem pour l'existence d'un semblable ou d'un niveau de difficulté.
Ce qui a un commencement peut avoir une fin et ce qui a une fin un commencement comme ce qui est antérieur peut avoir un ultérieur ou inversement (ex l'œuf et la poule). Est généralement possible ce que l'on désire ou qui fait l'objet des sciences et des arts ou encore ce qui est incité à faire ou ce dont on donne l'ordre d'exécution. Sont possibles la partie à l'égard du tout et réciproquement mais aussi deux choses dans un rapport formel (ex proportion) Tout ce qui est productible le sera d'autant plus avec art et application mais aussi par des gens mieux sensés, plus capables ou supérieurs.
Quant à l'impossible il se tire des arguments contraires.
Sur la survenance d'un fait passé, présent (imminent) ou futur.
Si ce qui a moins de chance d'apparaître s'est produit, alors forcément ce qui en a plus s'est produit; rien n'arrive sans antécédent ni capacité, ni passion ou sans volonté non entravée. La chose est probable si on en avait l'intention, elle est certaine si elle est naturelle ou à une cause certaine. Certains faits en annoncent d'autres vraisemblables (ex: fondations = maison).
Les arguments contraires prouveront l'inverse. L'orateur doit emprunter à ces arguments, comme à la grandeur des biens c'est-à-dire au plus et au moins (cf livre 1 ch 7) pour l'amplification de son discours.
Chapitre 20
Sur les exemples
Ils font partie, des preuves communes à tous les genres de discours et ressemblent à l'induction. On en compte 2 sortes: 1) la relation de faits antérieurs, 2) le récit [édifiant] (= fable ?) et la parabole.
Les récits et les paraboles sont de mise dans les harangues pourvu que l'on saisisse l'analogie entre les faits évoqués et la fiction. Néanmoins il est plus utile pour la délibération de relater des faits antérieurs car le futur à ses racines dans le passé.
A défaut d'enthymème disponible, les exemples ont leur utilité comme arguments démonstratifs, ou s'il y a enthymème, l'exemple placé en épilogue est utile à titre de pseudo témoignage souvent persuasif; s'ils sont placés en tête du discours ils ressemblent à une induction aussi ils nécessitent cette fois beaucoup d'explications.

mercredi 8 avril 2015

Freud : le principe du plaisir et les pulsions de mort

Dans « Au-delà de principe de plaisir » le père de la psychanalyse montre comment cette notion de plaisir est insuffisante pour comprendre les processus animiques profonds (1) (2). Sans entrer dans le détail, il fonde l’hypothèse que le vivant est soumis à une contrainte de répétition, ainsi l’économie des pulsions n’est pas exclusivement orientée vers la satisfaction mais au contraire elle semble se comporter comme un « élastique » qui nous ramène à un état antérieur, et si précisément le vivant provient du monde inorganique il y est reconduit par ce que Freud nomme les pulsions du moi ou pulsions de mort. Même, l’évolution par mille détours nous y conduit ; néanmoins, rien ne nous permet d’affirmer que la vie n’est pas, en somme, elle aussi, un phénomène premier, ou plus précisément un état aussi essentiel et basique que l'état matériel inerte, c’est-à-dire qu’il doit exister des pulsions de vie qui nous y ramènent continuellement comme par l'effet d'un élastique, ainsi par exemple la sexualité ou l’instinct de conservation. 
En résumé, les pulsions du moi sont dites pulsions de mort et les pulsions sexuelles sont dites pulsions de vie.
Maintenant, un certain nombre de situations peuvent présenter un panachage comme par exemple dans la déviance du sadisme et de la très mal nommée bestialité ou de la cruauté.

Extrait de "Egoplégie" d'Emmanuel Halden p 276-277

(1) Animique signifie littéralement "qui vient de l'âme". En psychologie on parlera de psyché.


(2) " Une tendance générale de notre appareil animique, que l’on peut ramener au principe économique de l’épargne de dépense, semble se manifester dans l’opiniâtreté avec laquelle on s’accroche aux sources de plaisir disponibles et dans la difficulté avec laquelle on renonce à celles-ci " .in FREUD Sigmund, "Formulations sur les deux principes de l’advenir psychique" [1911], Œuvres complètes, volume XI, PUF, Paris, 1989, p. 16.

dimanche 5 avril 2015

Lettre ouverture à l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan

Voici ce que j'ai retenu d'une de vos interventions sur YouTube. Sauf erreur de ma part tout ce que vous lirez ci-après est le reflet de votre connaissance mais aussi de votre croyance et de ce que vous appelez votre pari. Comme beaucoup de gens, j'aimerais certainement partager votre optimisme malheureusement tout indique que l'humanité est embarquée dans un processus suicidaire. Peut-être avez-vous raison de dire que l'homme est une étape, mais alors le principe anthropique n'est-il pas déjà dépassé et donc vers quoi l'univers se dirige-t-il dans sa marche vers une plus grande conscience ? Bien entendu vous vous êtes sans aucun doute déjà exprimé sur ce point, toutefois je n'ai pas connaissance de l'ensemble de votre discours, aussi j'aimerais mieux le connaître.  Pour l'heure je me contente de ce qui suit. 

Principe anthropique (l’univers tend vers l’homme) 

Avant le Big-Bang, l’univers est apparu il y a environ 14 milliards d’années d’un vide quantique très petit [10 -33 cm] et très chaud  rempli d’énergie qui allait propulser l’expansion de l’espace et  engendrer la matière par son refroidissement progressif. Les conditions initiales (quantité de matière noire, d’énergie noire, taux d’expansion…) autrement dit sa densité initiale était comme telle d’une absolument nécessité car mathématiquement les probabilités que notre monde soit comme il est devenu en 14 milliards d’années est de l’ordre de 1 sur 10 60possibilités. Cette combinaison gagnante doit être précise jusqu’à la 60ème décimale incluse et ce afin que l’univers devint ce qu’il est aujourd’hui. Si ce réglage initial avait été un tant soit peu différent rien de ce que nous connaissons actuellement n’aurait été possible, ni espace, ni temps, ni astre, ni planète, ni vie, ni conscience etc.  L’univers eut été vide et stérile.  
Notre espace-temps dépend de ces conditions initiales mais aussi des propriétés de l’univers c’est-à-dire des 15 constantes invariables que sont la pesanteur, la vitesse de la lumière, la masse du proton, la masse des électrons, la constante de Planck etc.
A l’instar des conditions initiales très précises, les propriétés de l’univers devaient avoir exactement  la valeur que nous leur connaissons actuellement, car dans l’hypothèse où l’on simule une variation quelconque de ces dernières, par exemple de la pesanteur,  la taille de l’homme eu été très différente voire son existence compromise.
Concrètement, dans les 3 premières minutes qui ont suivi le Big-Bang seuls l’hydrogène et l’hélium sont apparus,  ce sont les éléments les plus légers et les plus communs de la table périodique des éléments or tous autres atomes plus complexes n’ont pu se former à partir d’eux sans  fusion nucléaire au cœur des étoiles (jusqu’au fer) ou au cœur des supernovas (argent, or, uranium….).
Est-ce à dire qu’il y a un principe créateur ?
Trinh Xuan Thuan aime utiliser l’expression de Jacques Mono : est-ce dû au « hasard ou à la nécessité ? ».
En fait la science permet les deux hypothèses : hasard et nécessité.
En cas de hasard pour que notre univers soit devenu comme nous le connaissons il faut postuler un multivers ou de nombreux univers parallèles à l’échelle de la probabilité 10 60 (exemple la théorie des cordes).  De cette manière il est certain que la combinaison gagnante aura la certitude d’apparaître.  Pourtant, il faut reconnaître que la science ne peut pas vérifier expérimentalement un multivers  or toute théorie scientifique doit être vérifiable. Dans ce cas nous serions plutôt passés dans le domaine de la métaphysique.
En cas de nécessité pas besoin d’un multivers mais au contraire il faut postuler un univers unique mais aussi un principe créateur, bien entendu pas un dieu barbu ce serait plutôt une nature créatrice au sens panthéiste de Spinoza, principe suffisamment simple pour expliquer la complexité actuelle du monde (cf. le rasoir d’Ockham). Cette création unique est le postulat (pari) de Trinh Xuan Thuan
Pour autant, la simplicité n’est pas sa seule motivation, il y a aussi la beauté et l’harmonie du Cosmos (lois physiques et matière identique partout dans l’espace) dont il est difficile de penser que tout cela n’a pas de sens. Il y a enfin le fait que plus les connaissances physiques progressent plus elles tendent vers l’unité (ex : Newton : la gravité est la même pour n’importe quel objet pomme ou galaxie. Maxwel : unification des forces électrique et magnétique. Einstein : unité de l’espace/temps …).
Par ailleurs, ce pari d’un univers unique et le principe anthropique posent la question du déterminisme : l’homme est-il l’aboutissement de l’histoire ?

La réponse de  Trinh Xuan Thuan est un peu confuse, il admet que l’homme est une étape mais laquelle ? Va-t-il disparaître au profit d’une nouvelle espèce ou va-t-il au nom de sa transformation former une nouvelle humanité plus empathique, plus respectueuse de son environnement. Car s’il y a une loi anthropique il en existe également une autre qui est celle de l’extinction périodique des espèces. Si les dinosaures pouvaient se croire à l’abri de tous les prédateurs ils n’en n’ont pour autant pas survécu à une météorite tombée il y a 65 millions d’années dans le Golfe du Mexique. Il est donc légitime de se poser la question de savoir comment l’humanité disparaitra ?    

Wittgenstein et le néopositivisme

A) Introduction Si le mot « positif » n’est pas simplement l’antonyme du mot « négatif », il signifie, d’un point de vue philosophique, « ce...