samedi 10 décembre 2022

Karl Marx a-t-il constitué une théorie du pouvoir d’Etat ?

 

A)   Introduction

En 1989, après la chute du Mur de Berlin un vent de liberté souffla à l'est de l'Europe sur tous les peuples qui ne connaissaient alors que le collectivisme et l'absence de propriété privée. Invariablement tous les régimes communistes se sont effondrés les uns après les autres et l'empire soviétique se morcela en un patchwork de nations qui n'existaient pas forcément avant la révolution bolchévique

Pourtant pendant les 56 premières années du communisme, derrière le Rideau de fer, l’URSS a défié l'Occident et ses valeurs capitalistes. Ce n’est qu’en 1973, quand paru chez nous « l'Archipel du Goulag » de Soljenitsyne que les intellectuels du monde entier ont pris conscience des méthodes expéditives du Kremlin. Inutile de rappeler ici les déportations, internements et autres purges commises par Staline jusqu'à sa mort en 1953 ; tous actes perpétrés invariablement au nom la sauvegarde des valeurs révolutionnaires marxiste-léniniste.

Alors rétrospectivement, pourrions-nous dire aujourd'hui que l'œuvre écrite de Karl Marx annonçait déjà l’Etat totalitaire au 20ème siècle ? Difficile d'être catégorique sur ce point mais il convient malgré
tout de se demander comment l'auteur du Capital se représentait le pouvoir politique, lui qui n'a eu de cesse de dénoncer l'aliénation économique et politique de l'homme.

Autrement dit il faut se demander comment il est possible de concevoir une théorie du pouvoir politique tout en prétendant dénoncer toutes ses aliénations y compris l’aliénation politique.

Pour apporter une réponse à un tel problème nous allons parcourir les thèmes fondamentaux touchant au politique qui sont développés dans l’œuvre écrite de Karl Marx jusqu’environ 1848 soit avant son œuvre majeur le Capital.

 

B)   La critique de l'Etat hégélien 

 

b.1 La thèse hégélienne : l'Etat doit être le garant de la liberté

Par sa formation intellectuelle Karl Marx était un disciple critique de Hegel. Ce dernier considérait qu'une philosophie de la subjectivité idéaliste, comme celle proposée entre autre par Emmanuel Kant, menait à un atomisme sociopolitique (« l'insociable sociabilité[1] »). 

Au contraire, Hegel prétendait quant à lui que l'esprit qui se manifeste forcément d'abord par la conscience humaine n'était pas coincé à perpétuité dans une conscience pour soi (solipsisme) mais possédait également un versant objectif en soi notamment dans les formes d'organisation de la société civile et de l'Etat universel.

Bien entendu, il n'est jamais tombé dans l’excès inverse en postulant l'existence d'une conscience collective supra individuelle, non certainement pas ! Il s’est contenté de postuler un esprit objectif qui se sert des individus pour arriver à ses fins. Les ruses de la raison auraient été à ses yeux autant de manières qu'a l'esprit d'arriver à ses fins. Ainsi la philosophie hégélienne est une philosophie de l'histoire de l’esprit.

Grosso modo on peut affirmer que l'Etat libéral de type monarchique représentait pour le Maître de Berlin l'aboutissement de l'esprit objectif.

Mais l'Etat n'est pas seul, il repose sur une société civile de droit dont le fondement est la propriété privée, cette société est bien distinct de l'appareil étatique.

« Le fondement de droits individuels réside dans la propriété. La propriété n'est pas seulement matérielle, elle est au cœur de l'identité de l'individu et de sa personnalité. La propriété est une expression du soi. La propriété est le "mode de réalisation de la personnalité", dit Hegel.[2] »

Ainsi la société civile serait en quelque sorte la manifestation de l'ensemble des égoïsmes qui ne poursuivraient que des intérêts particuliers tandis que l'Etat serait quant à lui le régulateur, versant universel tendant à harmoniser le tout social.

Par conséquent, l'homme en tant que membre de la société civile est un individu particulier et en tant que membre de l'Etat il est un citoyen. Et le citoyen, à la différence du particulier, participe à la vie collective de la cité puisqu'il est représenté au niveau du pouvoir législatif par le biais d’un parlement - chambre haute, chambre des pairs et chambre des représentants - qui vote les lois (pouvoir législatif).

Mais l'Etat universel ne fait pas qu’édicter des lois, il a besoin  pour harmoniser l'ensemble des intérêts particuliers d'une constitution (charte fondamentale) et d'un appareil d'Etat qui passe par une bureaucratie administrative et un gouvernement (pouvoir exécutif).

Dans ce schéma qui n'est pas classique le pouvoir judiciaire est inclus dans les prérogatives de l'exécutif.

Ce que vise l'Etat est la coordination des modes de vie particuliers afin de garantir la liberté à chacun en amenant l'ensemble des citoyens à faire ce qu'ils doivent vouloir. Et en dernier ressort c’est la monarchie qui représente la souveraineté de la nation toute entière.

« Il n'est pas nécessaire de suivre ici par le détail le commentaire de Marx sur les §§275-280 de la philosophie du droit dans lesquels Hegel établit que l'Etat souverain, au nom de la vérité du sujet, doit se subdiviser et s'individualiser dans un individu, le monarque[3]. »

              b.2 La critique de l'Etat prussien

Marx en observateur avisé de la vie de son époque s'est rendu compte très rapidement de l’inadéquation existant entre la théorie hégélienne et la réalité de l'Etat prussien tel qu'il exista vers la moitié du 19ème siècle. En effet, toute une génération de jeunes hégéliens crut que cet Etat en particulier devait incarner les valeurs du plus grand philosophe allemand de l'époque.

Or, loin s’en fut, car Marx parmi ces jeunes idéalistes se vit rapidement frappé par la censure éditoriale ce qui était manifestement incompatible avec le principe d’un système politique réputé garantir la liberté d'expression ; puis, il dû admettre aussi que l’appareil politique loin d’être universel, et sans parti pris , favorisait manifestement les intérêts particuliers de la bourgeoisie en sorte qu'une distorsion de droit existait de facto entre les différentes couches de la population favorisant la propriété qui est le fondement des droits individuels au détriment des plus démunis qui n’ont pour seul bien que leur force de travail.

Ce décalage entre l’idéal non réalisé et le réel violent et brutal - puisque tous n’eurent pas vraiment accès à la propriété - lui fit étudier en profondeur les causes permettant de comprendre et d’expliquer la dérive d’un système politique réputé être idéal.

En fait,  sous l’influence de Feuerbach et de sa thèse postulant que Dieu ne serait au fond que la projection idéale de l’essence humain,  il crut devoir conclure que le moteur de l’histoire n’est pas l’esprit ou la raison mais les rapports de production, autrement dit Marx en vint à promouvoir une vision matérialiste de l’histoire où les relations sociales s’établissent entre les hommes dans le cadre de l'activité productive.

« L’être divin n’est pas autre chose que l’être de l’homme délivré des liens et bornes de l’individu, c’est-à-dire des liens du corps, de la réalité, que cet être objective, c’est-à-dire contemple et adore comme un être à part. Toutes les déterminations de l’essence divine sont par conséquent des déterminations de l’essence humaine.[4] »

Une telle position rapportée aux thèses hégéliennes ferait que l’aliénation religieuse serait à la racine de toutes les autres formes d’aliénation, ce que n’aurait pas compris Hegel dans la mesure où chez lui  il y aurait inversion de la cause et de l’effet. Le monde ne serait pas le fruit de l’esprit (ou dieu) mais l’esprit serait uniquement la résultante culturelle de l’activité humaine.

Par conséquent, l’homme serait essentiellement « homo economicus » et l’Etat n’aurait valeur que d’outil d’exploitation au service de la classe dominante, plus précisément de la bourgeoisie dans le cas d’espèce. Finalement l’Etat prussien n’eût été au fond qu’une structure politique d’asservissement manipulé par la classe bourgeoise. 

« Marx en conclu que la conception hégélienne de l’Etat est idéaliste : et, puisque la réalité politique contemporaine de Marx lui semble bien être ce que décrit Hegel, cet Etat, l’Etat bourgeois est compris par Marx comme une aliénation.[5] »  

 

C)   La lutte des classes et la révolution prolétarienne : l'appropriation des moyens de productions

 

Selon Marx ce ne sont pas les guerres mais la lutte des classes qui est à l'origine des progrès de l'histoire.

En effet, on ne peut pas nier que les sociétés ont toujours connu une division en classes bien distincts.

Prenons quelques exemples : l'Inde des castes, les patriciens et les plébéiens de la Rome antique, les maîtres et compagnons dans les jurandes, la noblesse, le clergé ou le tiers état dans l'Europe féodale etc.

Au Moyen-Age, « les bourgs qui ont reçu des chartes sont appelés « communes » parce que tous ceux qui y demeurent possèdent en commun des privilèges. Leurs habitants portent le nom

de bourgeois ou de communiera.[6] »

Ces privilèges acquis de haute lutte, ont permis à la bourgeoisie de prospérer jusqu'à la Révolution Française, ce faisant elle devint l'élite de tiers état.

Et cette élite a pendant un temps représenté l'universalité de l'intérêt du peuple. Pour un temps seulement car une fois les acquis de la révolution lui ayant permis de se hisser au pouvoir, elle s'est elle-même transformée en classe dominante à l'égard du reste de la population et particulièrement à l’égard de cette frange d'hommes, de femmes et d'enfants qui durent dépendre financièrement du salaire.

Le prolétariat est le nom donné par l'auteur du « Manifeste du parti communiste » à cette catégorie de la population qui dut vendre sa force de travail aux propriétaires bourgeois des moyens de production. A l'époque il s'agissait essentiellement de la main d'œuvre ouvrière salariée dans les grands ateliers du début de l'ère industrielle.

Même si le prolétariat ne représentait pas l'ensemble des travailleurs, Marx semble lui attribuer un caractère de classe universelle absolue.

Suivant le principe voulant que les classes dominantes finissent tôt au tard par être renversées, ou tout au moins par être dépossédées de ses privilèges, alors le prolétariat avait vocation, dans la conception marxienne, à destituer la société civile bourgeoise comme la bourgeoisie avait abolit le système féodal par la révolution et l'appropriation des moyens de productions.

Marx nous apprend également que l'Etat libéral bourgeois du 19ème siècle est un des deux moyens utilisés par la bourgeoisie pour asseoir sa domination, l'autre étant l'argent.

Cette vision de l'Etat est négative !

En effet, les études sociopolitiques menées avec son ami Engels lui ont permis de conclurent que l'Etat par le moyen de la dette publique était redevable à ses pourvoyeurs de fonds.

Par le biais de l'emprunt public la bourgeoisie aurait permis d'inféoder l'Etat universel à des fins privées et de le métamorphoser en outil institutionnel d'asservissement et d'oppression du prolétariat. Et de fait, au 19ème siècle, la bourgeoisie n'hésitera pas, au nom de l'ordre public, à faire réprimer dans le sang par l'armée les mouvements de grève ouvrière.

Mais comment le prolétariat asservi aurait lui aussi vocation à s'accaparer de l'Etat et des moyens de productions pour renverser l'ordre bourgeois ?

 

D)   La dictature du prolétariat et l’abolition de l’Etat

On l’aura compris, Marx pense que l'Etat n'est qu'illusion au service des intérêts de la bourgeoisie propriétaire des moyens de production.

A ses yeux, la révolution de 1789 ne fut qu'une révolution partielle en ce sens où la bourgeoisie a imposé ses valeurs non dans le but d'instaurer la justice et les Droits de l'homme mais afin de s'arroger le pouvoir politique.

Or, Marx est un démocrate et il a critiqué violemment le modèle monarchique qui n'était pas à ses yeux un modèle politique démocratique, fut-il doté d’un parlement élu au suffrage universel, car :

« Pour Karl Marx, la démocratie n'est pas un régime politique particulier parmi d'autres et s'opposant à d'autres. Elle n'est même pas le nom donné à un principe visant l'institution du seul monde politique. Marx comprend par démocratie l'essence de toute constitution politique.[7] »

Précisons que la vision marxienne de la démocratie n’est pas une vision dotée d’un appareil d’Etat en ce sens où Marx conçoit la démocratie comme la souveraineté directe du peuple sans passer par un quelconque mode de représentation parlementaire. Autrement dit, si d'un certain point de vue la société civile est représentée par la classe universelle du prolétariat (et non plus par la bourgeoisie) alors l’Etat devient inutile. C'est l'autodétermination du peuple par lui-même et pour lui-même. Sa conception du peuple souverain est par conséquent utopiste voire anarchiste.

Voilà pourquoi chez Marx il n’y a pas une théorie digne de ce nom du pouvoir politique.

Mais l’utopie s’accommode mal des impératifs pratiques, car comment renverser l’Etat sans susciter le chaos ? La réponse est transitoire : il faut instaurer l’Etat de la dictature du prolétariat.

Ainsi les structures politiques et administratives doivent toutes être prises de force par la révolution prolétarienne et mises au service d’un régime temporaire qui permettra d’instaurer le communisme qui est le stade final de la révolution par lequel l’Etat disparaîtra définitivement.

En URSS on nommait cette transition le socialisme à visage humain, formule qui a été parodiée par Bernard Henri Levy sous le titre de barbarie à visage humain.

Avec le recule on peut dire que le communisme tel qu’annoncé dans l’œuvre de Marx n’a jamais exister et que le stade de la dictature du prolétariat n’a jamais été dépassé. Car aujourd’hui, le communisme à la chinoise est régit par les règles du marché et les marchés financiers y font la loi ; ce communisme-là n’a rien de marxiste il serait plutôt d’inspiration confucéen tout en utilisant les règles du capitalisme dans la mesure où ce qui compte pour Pékin c’est la grandeur retrouvée de la Chine et non l’universalisme du Manifeste du parti communiste qui se résumait par le slogan « prolétaires de tous pays unissez-vous ! » 

 

E)  Conclusion

 

Puisque nous nous demandions s’il y a dans l’œuvre de Marx une théorie du pouvoir digne de ce nom, il nous a fallu voir qu’une théorie du pouvoir était antinomique avec l’aliénation politique, l’un des thèmes majeurs de l’œuvre marxienne.

Et de fait, Marx n’a eu de cesse de dénoncer toutes les aliénations : religion, travail, argent, pouvoir etc.

Quand il parle de l’Etat, et de l’Etat hégélien en particulier, c’est pour en démonter les rouages et montrer qu’ils sont au service de la classe dominante.

Marx est un démocrate au sens utopiste ou anarchiste il veut la suppression de tous les mécanismes d’autorités. Sa vision de l’Etat est négative, pour lui le souverain, le parlement ou le pouvoir exécutif sont à la solde du capital, asservis qu’ils sont par le biais de la dette publique et de l’impôt. Et donc l’ordre public devient celui de l’intérêt de la bourgeoisie, classe dominante généreuse pourvoyeuse des fonds publics.

Le sens de l’histoire c’est la lutte des classes et la bourgeoisie a vocation à être renversée (avec l’Etat aussi) comme elle a renversé la noblesse et le système féodal.

Ce faisait Marx n’est pas à l’abri d’une contradiction non élucidée : l’Etat doit disparaître mais comme la bureaucratie est nécessaire pour organiser la vie en collectivité, il faudra après la révolution une période transitoire d’appropriation des moyens de production et d’organisation de la collectivité qu’il nomme la dictature du prolétariat.

Cette dictature du prolétariat est temporaire pour l’auteur du Manifeste du parti communiste, il ne la théorise même pas avec précision.

Il n’y a donc pas de théorie du pouvoir politique digne de ce nom dans l’œuvre écrite de Marx. Pourquoi ? Parce que tous pouvoirs délégués est source d’aliénation politique. 

 

 

 

 

 

Bibliographie       

 

Ouvrages

1.   CALVEZ, Jean-Yves, La pensée de Karl Marx », Editions du Seuil, coll. Points Politique, 1970 ;

2.   FEUERBACH, Ludwig « l’essence du christianisme », traduction Joseph Roy, éditions A. Lacroix, Verboeckhoven & co,  Paris 1864 ;

3.       KANT Emmanuel : « L’idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique » (1784), IV° proposition, trad. J.- M. Muglioni, Bordas, 1999.

 

Cours

1.  QUELQUEJEU Bernard, Karl Marx a-t-il constitué une théorie d'Etat ?, cours Domuni.

Sites internet

1.  https://la-philosophie.com/philosophie-droit-hegel;

2.   https://www.histoire-des-belgesle/au-fil-du-temps/moyen-age/essorades-villes-au-moyen-ageiles­privileges-et-les-chartes.



[1] KANT Emmanuel : « L’idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique » (1784), IV° proposition, trad. J.- M. Muglioni, Bordas, 1999, pp.15-16.

[3] QUELQUEJEU Bernard, Karl Marx a-t-il constitué une théorie d'Etat ?, cours Domuni, p.22

[4] FEUERBACH, Ludwig « l’essence du christianisme », traduction Joseph Roy, éditions A. Lacroix, Verboeckhoven & co,  Paris 1864 p. 38

[5] CALVEZ, Jean-Yves, La pensée de Karl Marx », Editions du Seuil, coll. Points Politique, 1970, p.95

[7] QUELQUEJEU Bernard, Karl Marx a-t-il constitué une théorie d'Etat ?, cours Domuni, p. 24


GLOSSAIRE 

Aliénation

La notion de perte de contrôle de l’individu sur un aspect central de sa vie. Marx utilise cette notion pour montrer que le capitalisme conduit les travailleurs à se sentir étrangers au produit de leur travail, car il ne leur appartient pas et sert les intérêts des capitalistes, engendrant une aliénation économique, politique, et sociale.

Bourgeoisie

La classe dominante dans le capitalisme, possédant les moyens de production (usines, terres, capitaux). Pour Marx, la bourgeoisie exploite le prolétariat en profitant de sa force de travail. Elle a remplacé la noblesse en tant que classe dirigeante avec l’avènement du capitalisme.

Classe universelle

Dans la pensée de Marx, le prolétariat représente la "classe universelle" ou celle qui incarne les intérêts de l’ensemble de la société. Contrairement à la bourgeoisie, qui est tournée vers ses propres intérêts, le prolétariat est voué à abolir toutes les formes de domination en établissant une société sans classes.

Communisme

Système socio-économique où les moyens de production sont collectifs, et où il n’existe ni classes sociales ni État. Marx considère le communisme comme le stade ultime de l’histoire humaine, permettant de supprimer toutes les formes d’exploitation et d’aliénation.

Dictature du prolétariat

La phase transitoire post-révolutionnaire où le prolétariat détient le pouvoir d’État pour détruire les anciennes structures de la bourgeoisie. Ce régime, pour Marx, doit aboutir à la disparition de l’État et à l’instauration du communisme. Cette "dictature" vise à instaurer une société égalitaire, et Marx la voit comme temporaire.

État bourgeois

L’instrument de la bourgeoisie pour asseoir sa domination sur le prolétariat et garantir les intérêts de la classe dominante. Marx voit l’État bourgeois comme un outil de répression, au service de ceux qui détiennent les moyens de production.

Hégélianisme

Philosophie développée par Georg Wilhelm Friedrich Hegel, selon laquelle l’État représente l’esprit objectif de la société, et son rôle est de réguler la société pour réaliser la liberté de chacun. Marx critique cette conception idéalisée, car il pense que l’État bourgeois faillit à cet idéal et sert avant tout la classe dominante.

Lutte des classes

Pour Marx, le moteur de l’histoire, selon lequel les tensions entre classes sociales aux intérêts opposés (bourgeoisie et prolétariat dans le capitalisme) conduisent à des conflits. Ces luttes de pouvoir aboutissent à des transformations sociales majeures, comme les révolutions, qui modifient la structure socio-économique.

Matérialisme historique

Approche développée par Marx qui stipule que ce sont les rapports de production (relations économiques entre classes sociales) qui déterminent l’organisation politique, culturelle et sociale. Selon Marx, l’évolution de la société s’explique par les transformations de la structure économique.

Prolétariat

Classe ouvrière qui, selon Marx, ne possède pas de moyens de production et doit vendre sa force de travail pour subsister. Marx considère le prolétariat comme une classe exploitable et aliénée, appelée à renverser la bourgeoisie pour instaurer le communisme.

Révolution prolétarienne

La prise de pouvoir par le prolétariat, permettant le renversement de la bourgeoisie et de l’État bourgeois. La révolution prolétarienne, selon Marx, est le moyen pour les travailleurs de se libérer de l’exploitation et de poser les bases du communisme.

Société civile

Pour Hegel, elle est distincte de l’État et constitue un espace où les intérêts particuliers se manifestent, notamment par la propriété privée. Marx reprend cette distinction pour montrer que, dans la société capitaliste, la société civile est dominée par les intérêts économiques de la bourgeoisie, et l’État s’y soumet au lieu de la réguler de façon impartiale.

Théorie de l’État chez Marx

Bien que Marx ne développe pas une théorie formalisée de l’État, il considère celui-ci comme un instrument de domination de classe au service de la bourgeoisie. Contrairement à Hegel, qui voit en l’État un régulateur neutre et objectif, Marx le perçoit comme une structure aliénante et répressive.

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