Chapitre 1
Utilité et rapport de
la rhétorique avec la dialectique.
La rhétorique est une branche de la dialectique et de
l’étude morale méritant le nom de politique, celle-ci vise ce que tout le monde
peut connaître sans le secours d’aucune science. Sa méthode universelle repose
sur la démonstration de la preuve : l’induction oratoire (= exemple), le
syllogisme oratoire ou enthymème (≠ syllogisme logique). Elle est utile pour la
démonstration du vrai et du juste car la science seule ne pourrait convaincre
un auditoire sans le secours de lieux communs. Plus exactement la rhétorique
doit montrer le probable et écarter ce qui ne l’est pas.
Chapitre 2
Définition
Elle se définit comme ce qui est propre à persuader un
auditoire indépendamment de règles applicables à un objet déterminé et ce en
s’appuyant sur des faits multiples et divers mis en délibération. C’est un art
différent de tous les autres n’imposant aucune croyance en son objet (comme la
géométrie à l’égard des grandeurs ou la médecine à l’égard de la santé etc.) et
ne comportant pas de solution technique. Elle est potentiellement dangereuse comme tout
ce qui est bon peut être utilisé à mauvais escient.
En matière de preuves, certaines dépendent du discours
lui-même (disposition morale de l’orateur propre à inspirer la confiance - ou
« ethos » - , dispositions passionnelles de l’auditoire ou
« pathos » et le caractère démonstratif du discours énonçant des
faits probants).
D'autres n’en dépendent pas : témoins, torture (aveu),
contrat etc.
La discussion ne porte pas sur des faits avérés ou connus,
c'est-à-dire sur des signes nécessaires, ainsi l'enthymème ne doit pas
forcément énoncer les trois propositions du syllogisme pour que la conclusion
soit nécessaire. En revanche, s'il fait usage non de signes nécessaires mais de
vraisemblances c'est-à-dire de signes réfutables allant du particulier au
général ou du général au particulier, alors la conclusion sera également une
simple vraisemblance.
Pour persuader un auditoire on peut également faire usage
d'exemples de même nature afin d'en tirer une conclusion probable.
La majeure partie des enthymèmes sont tirés de propositions
particulières ou singulières propres à chaque genre particulier. La minorité
des enthymèmes sont issus de lieux communs à tous les genres.
Chapitre 3
et 4
les 3 genres de
rhétorique (délibératif, judiciaire et démonstratif).et principales
propositions du genre délibératif.
La rhétorique à trois genres distincts dont les arguments
peuvent accessoirement se croiser pour convaincre un auditoire (juge ou simple
assistant) : le délibératif, le judiciaire et le démonstratif.
Le discours délibératif
portant sur l'intérêt (les biens) ou le dommage (les maux) possible(s) ou non
est relatif à l'avenir, il comprend l'exhortation et la délibération. La
délibération s'intéresse uniquement aux 5 faits qui dépendent de nous et en
quoi nous pouvons agir sur eux;
- les revenus : savoir chez soi et ailleurs quelles sont les recettes et les dépenses de l'Etat leur nature et quantité pour les augmenter ou les supprimer chez soi
- la guerre : savoir quelles sont ses forces et comment les accroître, connaître celles des voisins, quels sont les alliés et les ennemis réels et potentiels de l'Etat les ressources propres et celles des autres, veiller à faire la paix avec les plus forts et la guerre avec les plus faibles. Examiner l'issue d'un conflit chez soi et ailleurs
- la paix : idem
- la défense du pays : connaître le pays et ses défenses pour les renforcer ou les diminuer au besoin
- l'importation et l'exportation : savoir les ressources à consacrer à l'alimentation quelle importation doit être envisagée, qu'est-ce qui peut être exporté en vue de conclure des conventions et des marchés
- la législation: savoir combien de sortes de gouvernement existent, leurs avantages et inconvénients, comment ils prennent fin et quelles sont les lois des divers peuples passés et présents
La discours judiciaire portant sur l'injuste et le juste est relatif
aux faits possibles ou impossibles dans le passé et comprend l'accusation ou la
défense;
Le discours démonstratif portant sur le beau ou le laid moral est
relatif aux faits possibles ou impossibles principalement relatifs au présent.
Il et comprend l'éloge ou le blâme.
Chacun de ces genres doit évaluer la grandeur ou la
petitesse, l'importance ou l'insignifiance des points soumis à son examen.
Chapitre 5
Objectif de la délibération
L'exhortation et la dissuasion ont pour but le bonheur (la
réussite, l'autosuffisance, les agréments et la sureté, la pleine jouissance de
son corps et de ses biens) et ses parties relatives à l'âme comme au corps
(descendance prospère, belle vieillesse, santé, beauté, vigueur, taille,
aptitudes générales - et au combat en particulier
- , la bonne fortune, les vertus) ou ses parties provenant du milieu (noblesse,
amis honnêtes, richesses, renommée/considération)
Dans un Etat la noblesse d'une race renommée et prospère
doit être d'ancienne lignée. Chez les particuliers (homme ou femme) elle
provient d'une naissance légitime issue d'une longue et nombreuse ligné
d'illustres aïeux vertueux ayant tous eu de bonnes qualités physiques.
La richesse est principalement dans l'usage des biens et
provient de l'abondance assurée en monnaie, terres, biens mobiliers, troupeaux,
esclaves etc. dont il appartient au propriétaire d'en jouir de manière libérale
(directe) et utile (source de revenus) ou d'en aliéner la propriété par don ou
par vente. La richesse est principalement dans l'usage des biens.
La renommée est attachée à la valeur de la personne ou des
biens recherchés (estimables) qu'elle possède.
Les honneurs (sacrifices, inscription métriques et non
métriques, récompenses, préséances, dons etc.) sont les signes des gens de
biens qui accordent des libéralités. Les dons sont des honneurs recherchés par
les personnes cupides et les ambitieux.
La qualité principale du corps est la santé (exempt de
maladie), les autres de moindre importante: la beauté, la force et une belle
taille (grandeur, épaisseur, largeur) ; la valeur agnostique du corps est la
réunion de la taille de la force et de l'agilité.
Une belle vieillesse lente et sans souffrance
L'amitié profite à celui qui a un grand nombre d'amis
(hommes ordinaires et gens de biens) ;
La bonne fortune porte sur des biens en relation avec la
nature (ex beauté) et en relation ou pas avec l'art (ex la santé) dont la cause
(indépendante de la raison) est fortuite, ces biens provoquent l'envie.
Chapitre 6
De l’honnête et de
l’utile
Comme l'exhortation et la dissuasion sont des discussions
sur les moyens utiles mais non sur les
fins qu'ils se donnent et que l'utile est un bien, ainsi le bien en lui-même ou
le bien qui génère un autre bien et encore le bien auquel tendent les êtres
doués d'intelligence et de sentiments sont des avantages ou ce qui évite un
désavantage. Ainsi les choses étant concomitantes ou
successives le rejet du mal évite le mal (ou le moindre mal) et l'adoption du
bien cause le bien (ou le plus grand bien). Le bien en lui-même l'est
vis-à-vis d'un moindre bien ou d'un plus grand mal. Les vertus de l'âme (le
courage, la tempérance etc.) sont toujours des biens. Le sont aussi le plaisir,
le bonheur, la justice, les vertus corporelles (santé, beauté etc.), la
richesse, l'amitié, les honneurs, la puissance de la parole, l'aptitude aux
affaires, la mémoire, l'aptitude à apprendre, la sagacité, les sciences et les
arts.
C'est par rapport au mal que l'on peut établir tous les
autres biens douteux.
Ce qui est mesuré ou a demandé beaucoup de peine ou un coût
élevé sont également des biens en tant que fin (aboutissement) mais encore ce
qui est recherché, rare, louable, ce qui est préféré par des gens honorables,
on préfère les choses possibles (passée, présente et futures) aux choses impossibles, les choses propres uniques,
celles d'une exécution aisée, celles dont se félicite nos amis mais pas nos
ennemis et les choses superflues, celles pour lesquelles on est doué ou
passionné, celles que les méchants ne pourraient faire. Celles conforme à notre
esprit.
Du bien préférable ou
du plus utile
Le plus grand bien (ou le préférable) l'est par rapport à
celui qui est de moindre grandeur, il réside dans ce qui est rare et préférable
(ex l'or), dans ce qui est abondant (ex l'eau), dans ce qui est difficile ou
selon facile, dans la vertu, dans ce dont la privation est plus sensible, dont
la différence en plus est meilleure (ex: + amis>+richesses) ou dont les
effets sont plus beaux ou plus laids, dans les désirs, des connaissances ou des
actions meilleures, plus honorables ou plus importantes, dans ce que choisiraient
des hommes de science ou de bon sens. L'avantage (ou utilité ?) c'est la
conséquence ou la fin attendue (ultérieure ou possible) d'un bien mais aussi
l'avantage réside dans la plus grande cause, le plus grand principe ou la plus
grande autonomie (indépendance ?) des choses. Dans ce qui est meilleur
(superlatif ou comparatif), dans le choix de l’homme meilleur, dans ce qui est
plus agréable, plus beau, de plus longue
durée, le mieux assuré, le plus grand plaisir, dans la moindre peine et les
maux les plus évités, dans les comportements les plus appropriés, dans le choix
de la majorité (abondance) ou de la minorité (rareté), dans le bien le plus
noble ou dont le contraire évite la plus grande peine, dans ce qui est
extraordinaire, plus difficile, plus rare. Les circonstances, l’âge, les lieux,
le temps et les ressources accroissent l’importance des choses. De même ce qui
est acquis par soi-même et la plus grande partie d’une grande chose, le plus
utile en cas de nécessité (vieillesse, maladie), dans des cas particuliers
plutôt que généraux ; le possible face à l’impossible ; la réalité
face à l’opinion ; ce que l’on veut vraiment (sans paraître) ; l’utile
à plus de fins, et non à moins ; ce qui se fait avec plaisir et moins de
peine ; ce qui est visible et non caché ; ce qui est cher
comparativement ou absolument.
Chapitre 8
Des divers
gouvernements et de leur fin
Variété et fin de chaque type de gouvernement : les
diverses sortes obéissent à des considérations d’utilité visant la préservation
de l’Etat.
- Démocratie : fonctions attribuées par le sort, sa fin est la liberté ;
- Oligarchie : où l’autorité dépend de la fortune, sa fin est la richesse ;
- Aristocratie : où l’autorité dépend de l’éducation, sa fin est la bonne éducation et les lois ;
- Monarchie : où l’autorité dépend d’une seule personne soit monarque, soit tyran dont la fin est la conservation du pouvoir.
Chaque type de gouvernement a une certaine moralité qui doit
être examinée.
Chapitre 9
Vertu et
vice ; beau et laid moral ; éloge et blâme
Le but de l’éloge et du blâme sont la vertu c’est-à-dire
une chose belle – louée pour soi-même ou bien bonne et agréable - elle est susceptible de fournir ou conserver
des biens et de réaliser de bonnes actions. Elle se décline comme justice,
courage, tempérance magnificence, magnanimité, libéralité, mansuétude, bon sens
et sagesses et vice ; les plus grandes vertus ont la plus grande utilité.
Excepté les actes de justice punitive infligée, toutes les
vertus sont choses belles comme le prix des honneurs, le patriotisme, celles
qui profitent à un mort ou à autrui, les bienfaits, les actes dont on a pas à
rougir, la victoire, les honneurs, ce qui est commun à une classe, l'abstention
de professions grossières. Sont plus beau les actes de gloire, ceux provenant
de personne de plus grande valeur, l'altruisme, certains témoignages
commémoratif.
Dans l'éloge ou le blâme il faut identifier les qualités
réelles (homme prudent/peureux; agressif ou ayant du cœur) et interpréter dans
le sens le plus favorable, présenter l'homme loué en de nombreuses occasions
comme agissant de son propre chef mais aussi
il faut prendre en considération l'auditoire et ce qu'il considère comme des
honneurs, des devoirs, (…)
L'éloge, porte sur les actes ou sur l'homme capable
moralement de poser ces actes. Ont une forme commune les louanges (comme éloge)
et les délibérations (comme précepte). Dans l'éloge il faut mettre l'accent sur l'importance, le temps et
l'occasion indépendamment du devoir strict ou si la matière manque faire
référence à d'autres personnages et des hommes illustres.
L'amplification est ce qui convient le mieux au discours
démonstratif, l'exemple à la délibération et l'enthymème au discours
judiciaire.
Chapitre 10
De l'accusation et de
la défense
Le préjudice est un mal contraire à la loi particulière
c'est-à-dire écrite ou à la loi « commune» c'est-à-dire non écrite mais
reconnue de tous.
Du point de vue de l'accusation le mobile (cause) du
préjudice est vice ou dérèglement; du point de vue de la défense c'est un (des)
inconvénient(s) que l'on a voulu éviter. Toujours l'homme agit soit de son
propre chef - par habitude ou par désir irraisonné
ou raisonné -, soit sous l'influence d'autrui, par hasard ou
par nécessité naturelle ou contrainte.
La volonté s'accompagne de raison contrairement à la colère
ou à la passion. Par conséquent il y a 7 causes aux actions: le hasard (cause
indéterminée sans but certain), la contrainte (se distingue de la passion et du
calcul), la nature (poussant à des actes inhérents à son auteur), l'habitude
(répétition fréquente), le calcul (recherche d'un bien utile comme fin ou comme
moyen), la colère (aboutissant à la vengeance), le désir (action en vue de
choses agréable) et la passion.
Chapitre 11
Des choses agréables
L'agréable produit le plaisir qui est un mouvement soudain
et sensible de l'âme, la peine est son contraire. L'agréable tend à un état
conforme à la nature ou à des habitudes ou encore à ce qui est exempt de
contrainte.
L'agréable est aussi dans le désir passionné irrationnel
c'est-à-dire irréfléchi (besoins physiologiques et sensuels) ou rationnel
c'est-à-dire réfléchi. Ils suscitent du plaisir. Synthétiquement l'agréable est
dans la sensation actuelle, dans le souvenir d'un plaisir passé comme dans
l'évitement d'une douleur, et enfin dans l'espérance d'un agrément.
Chapitre 12
De ceux qui font du
tort :
le préjudice doit être possible, ignoré, impuni ou encore assorti
d’une peine moindre que le profit autrement
dit dont le solde est positif. La puissance de nuire est verbale, dans les
affaires, la lutte, par le biais d’une grande fortune ou de serviteurs, de
complices de nombreux amis ou au dépend d’eux (préjudiciés ou juge).
Le fauteur peut être quelqu'un ayant souvent échoué, un
homme de réputation détestable, un intempérant ou au contraire un tempérant,
quelqu'un paraissant commettre plutôt une erreur qu’une injustice, quelqu'un
cherchant à combler un manque nécessaire ou superflu
Est insoupçonnable l’homme de bonne
réputation, l’homme débile, l’homme laid et adultérin ou dont la faute est trop
évidente pour être vraie ou dont la faute est tellement grave que personne ne
penserait s’en prémunir. Insoupçonnable aussi celui qui n’a pas d’amis ou un
grand nombre, celui qui agis sans être découvert, celui qui peut dissimuler –
cacher, déplacer, vendre – un objet, celui qui influe les jugements ou corrompt
les juges.
Le préjudicié peut être un ami ou un ennemi, une personne
toute proche ou lointaine. Il est le propriété des choses qui manquent à
d’autres (nécessaires ou superflues) facilement dissimulable, peu encombrante
ou vite consommée ou encore dont on a honte de se déclaré préjudicié ; il
est aussi la personne sans méfiance, le discret, le faible de caractère, celui
n’ayant jamais subit de dommage ou l’inverse ; le sujet de la médisance,
celui dont on prétexte un tort personnel ou imputable à son entourage ou à sa
lignée ; celui qui n’a rien à gagner dans un jugement ; une personne
injuste ou qui a fait, fait ou fera du mal ; l’accusé avec qui on a rompu
préalablement ; le préjudicié à qui l’on fera réparation ou dont on espère
le pardon.
Chapitre 13
Loi naturelle et loi
écrite; de l'équité
Le juste et l'injuste se rapportent aux lois communes
conformes à la nature c'est-à-dire reconnues de tout le monde et aux lois
particulières écrites ou non écrites. Les actes injustes c'est-à-dire commis en
connaissance de cause (prémédités ou passionnels) se commentent tantôt à
l'égard d'un individu, tantôt à l'égard de la communauté. L'acte injuste doit
être défini car c'est dans la qualification que réside la préméditation. Pour
ce qui n'est pas écrit (défini ?) il y en a deux sortes: l'excès de vertu ou
l'excès de vice.
L'équitable est le juste indépendamment de la loi écrite,
autrement dit ce qui lui a échappé ou ce qui ne peut être défini ou ce qui est
écrit mais défini en termes généraux. L'équitable c'est aussi de supporter une
injustice, d'accepter le dialogue et l'arbitrage de considérer non pas la loi
mais le législateur, l'esprit des lois
plutôt que la lettre, c'est le pardon, le rappel du bien fait, la considération
de la personne en générale et non en particulier.
Un accident (non intentionnel et non réfléchi) doit être
jugé moins sévèrement qu'une faute (non méchante) et cette dernière moins
qu'une injustice (réfléchie et méchante).
Chapitre 14
Sur les causes d'un
préjudice plus ou moins grave.
En puissance, la gravité de l'injustice est proportionnelle
à la gravité de sa cause. En acte elle est estimée par rapport au dommage. Elle
est aussi considérée eu égard au nombre de complices, à la récidive, à la
réparation possible ou pas, suffisante ou insuffisante, au fait de rendre un mal
pour un bien, d'enfreindre des lois non écrites ou de ne pas pouvoir obtenir
justice; à la brutalité, à la préméditation, à l'épouvante des faits, au faux
témoignages, au déshonneur.
Le châtiment doit être plus fort si le préjudicié s'est
infligé un mal grave ou si l'auteur à provoquer de nouvelles mesures
préventives et répressives.
Chapitre 15
Des preuves
indépendantes de l'art
Lois
Si la loi écrite, changeante, nous est contraire il ne faut
pas l'invoquer en toute occasion mais plutôt invoquer l'exécution de la loi
commune (plus honnête) et de l'équité qui sont éternelles, dire que la justice
n'est pas une apparence, voir si les textes ne sont pas en contradiction ou
équivoques, examiner s'ils sont encore d'application.
Si elle nous est favorable il faut préciser que la formule «
juger en conscience » ne peut être contraire à la loi, que ne pas l'appliquer
c'est la nier, qu'en tout art il faut respecter les règles et ne pas se dire
plus sage qu'elles.
Témoins
Les témoins anciens sont les poètes et autres personnages
illustres, ils sont les plus accrédités car incorruptibles, les témoins actuels
sont des personnes connues, ils sont impliqués ou pas à la cause, sont du côté
du plaideur ou l'inverse. Il faut s’assurer tout témoignage utile favorable ou
témoignant de l’équité de la cause (ou l’inverse). Ils attestent uniquement de
la moralité des personnes et de l'existence passée ou présente d'un fait lié à
l'affaire sans le qualifier. D’eux peuvent se déduire par enthymème des
arguments (lieux).
Celui qui n'a pas de témoin doit alléguer les vraisemblances
(juger en conscience) ; celui qui en a doit alléguer que les vraisemblances ne
sont pas admissibles.
Conventions
Pour en accroître ou décroître leur valeur on les traite
comme les témoignages. Si elles plaident en notre faveur on les fortifie car
elles sont consenties et la loi - qui est une convention - donne de l’autorité
aux accords entre parties. Autrement on désavouerait la loi et rendrait les
affaires humaines impossibles.
Si elles plaident pour le contradicteur : invoquer les
lois contraires (écrite ou commune), ce qui est le plus juste et honnête car
certaines conventions sont frauduleuses ou conclues sous contrainte, des
conventions antérieures plus valables, contester son utilité etc.
Torture
Est un témoignage sous contrainte. Si elle nous est
favorable invoquer qu’il s’agit du seul témoignage véritable. Dans le cas
contraire, il faut plaider contre le principe même de la torture.
Serment
Déférence au serment : invoquer que c’est un acte de
piété ;
Non déférence (pas confiance) : invoquer que les hommes
se parjurent facilement et qu’il est préférable de ne pas jurer pour être jugé
équitablement ;
Acceptation du serment : invoquer que l’on croit en sa
bonne foi ;
Le refus du serment : invoquer qu’il est facile pour
l’improbe dans un intérêt pécuniaire de combattre un adversaire par le serment,
que ce refus est motivé par l’honnêteté et exclue la possibilité de parjure.
La déférence ou la non déférence peuvent se combiner avec
l’acceptation ou le refus.
Si l’on a prêté serment contre un serment actuel il faut
invoquer qu’il n’y a pas injustice ni parjure suite à une tromperie, une
violence ou indépendamment de notre volonté.
Si c’est le cas de l’adversaire : invoquer (amplifier)
qu’il détruit la teneur du serment actuel.
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