samedi 28 mars 2015

Le bonheur du point de vue des neurosciences : la récompense serait l’attente du plaisir ?

La spécialisation du cerveau

            En 1861 Paul Broca prouva en auscultant le cerveau d’un patient atteint d’aphasie que son mutisme - seulement interrompu par des borborygmes de son gosier - correspondait à une lésion dans la partie du cortex que nous avons pris l’habitude de nommer aire de Broca ; ainsi pour la première fois il fut évident que  l’encéphale ne fonctionne(ait) pas de manière globale mais bien de manière spécialisée par activation de zones aux fonctions cognitives qualifiées, certaines d’entre-elles étant interconnectées.

Le circuit de la récompense

Depuis lors,  avec les techniques modernes d’imagerie médicales de nombreuses structures neurobiologiques spécialisées ont pu être identifiées.  Parmi elles, Il en est deux qui nous intéressent particulièrement : le cortex orbitofrontal (COF) et l’amygdale toutes deux impliquées dans le circuit de récompenses. En amont, les neurones du COF fonctionnent comme un filtre sélectionnant l’annonce d’une récompense ou d’une punition  à long terme,  et en aval l’amygdale identifie à court terme les stimuli agréables comme  désagréables. Si le COF fonctionne normalement une situation agréable sur le moment mais ayant des effets secondaires néfastes sera reconsidérée comme  expérience à éviter même si l’amygdale s’active toujours à  la mémoire d’un agrément spontané.






La sensation de plaisir

Néanmoins ce circuit en parallèle semble être subordonné à une troisième influence lorsque les chercheurs établissent un rapport purement biochimique entre les deux parties du système de récompense. En fait, il faut savoir que la sensation de plaisir est éprouvée au niveau d’une région intermédiaire entre l’amygdale et le cortex préfrontal où se trouve le COF. Cette zone s’appelle le Nucleus accumbens (NAc). Si ce NAc est saturé de dopamine il n’écoutera plus  le COF en privilégiant uniquement les satisfactions immédiates, à l’inverse si le niveau de dopamine diminue le comportement deviendra raisonnable en privilégiant des objectifs désirables à long terme selon les ordres du COF. 

Vu sous cet angle expérimental, les découvertes scientifiques battent en brèche la philosophe du bonheur tirée de l’exercice des vertus visant le plus grand des biens, pratique  guidée par la seule Raison capable d'influencer valablement l’homme dans ses actes.  


Mais rassurez-vous la question de notre déterminisme ou de notre liberté (volonté) est aussi vieille que la pensée humaine et la réponse est encore loin d'être définitive même du point de vue des neurosciences. 

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